La villa Centvrion

Juin 2019



Avant-propos :

- Aucune information ne sera donnée sur la localisation du site.
- Je ne souhaite pas faire d’échange de lieux.

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Ce lieu représente une énigme. D'après la cartographie aérienne, il a été construit au tout début des années 90 mais n'a jamais été habité, si l'on en croit la multitude de sacs de gravats qui parsèment le domaine depuis toujours. Plus intriguant encore, il n'est même pas mentionné sur le cadastre.

Il n'a donc aucune existence légale.

Je n'ai donc pas d'info sur son histoire mais j'ai deux théories :

- La première, c'est un bien qui a été construit par une personne fortunée qui n'a pas attendu d'obtenir le permis de construire pour entamer l'édification de sa villa. Cela arrive parfois dans la région et le dénouement est lent mais inévitable lorsque la mairie refuse de régulariser la situation. La villa est en principe détruite. La presse s'est faite l'écho du sort du Domaine Diter, dans ce cas de figure.

- Ou deuxième idée, il s'agit d'une maison témoin luxueuse histoire d'aider les futurs propriétaires à se projeter sur un projet de construction dans ce quartier où les habitations rivalisent d'élégance. Cela me semble un peu beaucoup, mais pourquoi pas, d'autant plus qu'il s'agissait de la première maison construite dans le domaine.

Qui dit quartier avec de belles villas, dit également "voisins vigilants", caméras et un petit service de sécurité qui tourne dans ces ruelles privatisées. Deux accès possibles : soit en passant directement par la rue et en faisant fi du panneau "propriété privée, défense d'entrer" ou alors, comme j'aime me compliquer la vie, faire un grand détour et passer par un petit bosquet dans le fond d'une autre propriété pour pouvoir accéder au jardin de la maison.

Forcément, je penche pour la deuxième solution et après m'être garé relativement loin et en ayant un peu honte du standing de mon véhicule au moment du stationnement, à l'arrache qui plus est, les trottoirs n'existant pas dans ces petites ruelles. C'est sans difficulté que je pénètre dans le petits bois au fond d'une belle demeure habitée, bravant les toiles d'araignées, ronces et autres plantes agressives pour me retrouver après quelques instants au pied d'une petite muraille qui va encadrer la maison que je souhaite visiter aujourd'hui.

Le lieu me fait penser à une arène romaine. Bon, après, le choix des balustres qui ressemblent à ce que l'on peut trouver de plus cheap dans toute la banlieue Parisienne m'intrigue, mais passons.



Je tente au maximum de rester discret. Le vis à vis n'étant pas particulièrement probant mais déjà que dans ma copropriété les voisins septuagénaires sont à l’affût de tout, je n'ose imaginer ce que ça doit être ici.



L'accès n'est curieusement pas compliqué pour un sou. Très peu de personnes ont pu visiter ce lieu et c'est après des soirées entières à écumer Google Maps que j'ai enfin réussi à le dénicher. Il est donc extrêmement bien préservé. Et dès la première seconde, je suis soufflé par ce que j'ai sous les yeux. C'est magnifique : le sol est en marbre, il y a des colonnes (pas bien alignées d'ailleurs) et surtout, au plafond, une fresque d'inspiration renaissance Italienne, tendance Rococo.



C'est réellement le clou du spectacle. Elle représente un couple entouré de plusieurs angelots. Une épée est posée sur le côté. Repos du guerrier ?
Un jardin qui ressemble vaguement à une arène, cette fresque avec une arme et ces colonnes romaines... Villa Centvrion, ça sonne bien, non ? Ce serait aussi un bel hommage à un groupe de metal que j'aime bien.



Toujours dans cette immense pièce, une belle cheminée qui n'a probablement jamais rien chauffé de sa vie.



Je monte à l'étage mais force est de constater que même si la montée des marches avec cet escalier en voûte sarrasine est agréable, le seul étage est plutôt petit et décevant.



En fait, il y a plusieurs chambres totalement vides, du style, sol en marbre, comme partout dans la villa et murs blanc. Aucune autre fioriture. Par contre, chaque chambre possède une salle de bain vraiment chouette.



Voici donc quelques aperçus.





Je redescends, l'étage ne faisant pas honneur au rez-de-chaussée.

La cuisine n'est pas visible, je pense qu'il s'agit d'un petit espace à l'extrémité du salon mais rien de sûr.
Sur la photo qui suit, vous pouvez voir que le sol, le plafond, les colonnes et la porte ne sont pas alignées dans une belle perspective. C'est assez étrange qu'ils n'aient pas pris le soin de faire quelque chose de bien centré.



Je ressors, direction la cave, les deux parties ne communiquant pas entre elle. Elle est particulièrement grande mais a part du sol en terre battue et des parpaings, rien à voir. C'est même assez impressionnant car à certains endroits les pièces sont très hautes et font sans problème 6 mètres de plafond.
La curiosité supplémentaire se trouve au garage qui possède une superbe voiture de collection avec sa poignée de manivelle !





J'ai l'impression qu'il s'agit d'une Austin Seven ou Twelve des années 1930. La porte est ouverte, je prends le temps de m’asseoir côté conducteur pour voir un peu ce que ça donne.

Par contre, qu'est-ce qu'elle fait ici ? Était-ce pour la déco ? C'est bien curieux sachant que j'ai vraiment la conviction que personne n'a jamais habité ici, si l'on en croit les vues aériennes où les sacs de matériaux n'ont jamais bougé depuis le début des années 1990.

Il est déjà l'heure de repartir. L'air de rien, le lieu est plutôt rapide à voir mais je suis resté relativement longtemps. Direction le jardin mitoyen de l'autre villa où, heure du repas oblige, un couple se promène dans le jardin et discute dans une langue étrangère qui semble venir de l'Est.
Je prends le parti de rester caché derrière un rocher histoire d'attendre qu'ils finissent ce qu'ils ont à se dire. Mon coeur bat la chamade, je n'aime pas bien ça.
Mais tout est bien qui fini bien !

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